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D'une part, ses exportations pétrolières qui représentent 90 % de ses recettes publiques sont impossibles sans coopération avec le général Al-Buhran qui contrôle Port-Soudan à l’autre extrémité de ses oléoducs. D'autre part, le pays n'est pas moins dépendant des Émirats arabes unis, principaux soutiens étrangers des FSR, et principaux investisseurs étrangers au Soudan du Sud. Parmi ces investissements, des infrastructures de transport et de santé sont construites à la frontière du Soudan par les autorités émiratis qui s'en servent pour approvisionner et soigner les combattants des FSR. De même, les paramilitaires utilisent la région disputée d’Abiyé comme un zone de ravitaillement en carburant grâce au pétrole sud-soudanais : on y compte en 2025 vingt-trois stations-service, contre deux avant la guerre. Enfin, une grande partie de la contrebande d'or du Soudan passe par le territoire de son voisin du sud avant d'être envoyée aux Émirats arabes unis. Le gouvernement sud-soudanais, incapable de contrôler l'ensemble de son territoire et exsangue financièrement, est contraint d'accepter une coopération minimale avec le général Dogolo tout en ménageant son homologue de Port-Soudan. Le 8 décembre 2025, la prise par les FSR des installations pétrolières d’Heglig, jusque-là tenues par l’armée soudanaise leur donne la possibilité d'exercer le même « chantage au pétrole » sur Juba, accroissant sa vulnérabilité. Enfin, le Tchad, à la frontière ouest du Soudan, reflète les fractures communautaires que son voisin : Arabes et non-Arabes, essentiellement des Zaghawa et des Masalit.
Sources : fr.wikipedia.org
Ces derniers s’indignent des massacres perpétrés par les FSR au Darfour contre leurs communautés. Mais le gouvernement de Mahamat Idriss Déby, lui aussi très dépendant des investissements émiratis, est contraint d'accepter de les laisser utiliser son territoire pour fournir des armes et du carburant aux paramilitaires soudanais. Alors que la faction Zaghawa de l’armée tchadienne accuse ouvertement son président de complicité de génocide, ce dernier vit dans la crainte d’un coup d’État militaire.
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==== Impact de ces soutiens ==== Il est notable que plusieurs pays opposés sur la scène internationale soutiennent des camps opposés au Soudan, notamment la Russie (soutien des FSR au début du conflit) et l'Ukraine (soutien des FAS), les Émirats arabes unis (soutien des FSR) et l'Arabie saoudite (soutien diplomatique, puis financier et militaire des FAS), ainsi que l'Érythrée (soutien des FAS) et l'Éthiopie (soutien des FSR). Sur ce dernier point, l'analyste américain Cameron Hudson déclare que « l’Éthiopie et l’Érythrée considèrent le conflit soudanais avant tout à l’aune de leur affrontement à venir ». Selon lui « La guerre du Soudan agit comme un catalyseur : les pays de la région la voient comme un champ de bataille où renforcer leur propre sécurité nationale ». Malgré ces implications de pays étrangers, l'idée d'une guerre par procuration entre les soutiens des différents camps s'affrontant au Soudan est exagérée, car ces derniers ont davantage intérêt à préserver la stabilité du Soudan, qu’à voir leur allié local prendre le dessus. En outre, selon la chercheuse Kholood Khair, il ne peut s'agir d’une guerre par procuration où le principal moteur est étranger, puisque cette guerre a été déclenchée et est menée par des acteurs soudanais. Les puissances régionales ne dirigent donc pas la guerre, mais elles l’exploitent pour faire avancer leurs propres objectifs, qui peuvent varier.
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Enfin, la répartition des soutiens étrangers dans les différents camps soudanais ne reflète pas exactement les fractures internationales : par exemple, l'Égypte, la Turquie et l'Iran qui n'ont aucune proximité sur la scène internationale soutiennent l'armée soudanaise. Selon Kholood Khair, l’Égypte et les pays du Golfe soutiennent aussi les deux groupes armés pour empêcher que le projet révolutionnaire et démocratique des civils soudanais ne fasse tache d’huile dans la région. Néanmoins, ces interventions extérieures en constante augmentation prolongent et intensifient le conflit. Le directeur régional de l’International Crisis Group Alan Boswell, abonde dans ce sens en déclarant que « Si le conflit se cantonnait uniquement à des acteurs soudanais, il serait de bien moindre intensité. Mais les deux camps n’ont aucun problème à se réapprovisionner. C’est précisément l’ampleur des soutiens étrangers qui rend la guerre imprévisible et risque de déstabiliser la région. ». Selon le chercheur Roland Marchad, ces soutiens étrangers ont pour effet de créer une équivalence stratégique entre les deux camps : la modernité des armes livrées à l'un des deux est aussitôt contrée par la modernité des armes livrées à l'autre. Enfin, le niveau de formation et d'entrainement assez médiocre des combattants soudanais comparé à celui des techniciens et des mercenaires étrangers a pour conséquence que les Soudanais sont majoritairement utilisés comme « chair à canon ».
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